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[ PHOTOS ] DADA PATHIAL, DANSEUSE : «Si je faisais ce que l'on m'imposait, je serais millionnaire aujourd'hui»

dadaa

Une abondante crinière en guise de cheveux naturels sur un visage maquillé et percé à outrance. C'est dans cet attirail que nous reçoit Daba Fall alias Dada Pathial dans son antre familial de Rufisque. Posée dans un sofa de sa chambre aux forts effluves de «courays» (encens), la danseuse se livre sur sa vie d'artiste dont les dernières frasques lui font penser, à 25 ans, à la retraite. Une interview entre talons aiguilles, autoportraits et chapeaux en strass.


Quel est votre vrai nom ? 

Je m'appelle Daba Fall, mais ma grand-mère avait l'habitude de m'appeler Rokhaya. Le surnom de Dada m'a été donné par Salam Diallo. 

Vous êtes née où ? 

A Thiès, mais ma mère est partie vivre à Rufisque et je me suis retrouvée avec ma grand-mère à l'âge de 5 ans. 

Avez-vous été à l'école ? 

Je ne suis pas allée bien loin. J'ai été jusqu'au Cm2 avant d'être renvoyée. 

Et pour quel motif vous a-t-on renvoyée ? 

(Rires) J'étais terrible, je faisais beaucoup de bêtises et ma grand-mère me passait tous mes caprices. Elle pouvait me défendre bec et ongles, même si je cassais la baraque du voisin. Cela m'a encouragé à être encore plus terrible. 

Quelle sorte de jeune fille étiez-vous 

J'étais très garçon manqué, je ne m'intéressais pas trop, aux trucs de fille. D'ailleurs, je cachais tout le temps ma poitrine sous de grands teeshirts et je ne m'accompagnais jamais de filles. J'ai commencé à avoir des petits copains sur le tard. Beaucoup se sont étonnés quand j'ai commencé à faire de la danse. 

Quand êtes-vous venue à Rufisque ? 

A l'âge de 17 ans, j'ai quitté Thiès pour venir à Rufisque auprès de ma mère. Je devenais un peu trop intenable pour ma grand-mère 

On a dit que vous avez échappé à la maison de redressement ? 

J’ai effectivement échappé. J'ai rendu la vie impossible à ma mère durant la première année. 

Elle recevait tout le temps des récriminations du chef de quartier. Elle était fatiguée et désespérée et cela m'a fait beaucoup réfléchir, j'ai donc commencé à changer. Et c'est là que je me suis essayé à la caméra et à la photo, avant de m'adonner à la danse. 

Pourquoi la caméra ? 

Un peu par hasard ! Je faisais partie d'une sortie en groupe et à un moment, le caméraman m'a demandé de lui tenir l'appareil pour quelques instants. Comme je suis curieuse, j'ai commencé à filmer et à la fin, cela a donné un beau résultat pour une débutante. 

[ PHOTOS ] DADA PATHIAL, DANSEUSE : «Si je faisais ce que l'on m'imposait, je serais millionnaire aujourd'hui»


Vous faisiez des reportages ? 

Des reportages pour les baptêmes et autres cérémonies. Je m'en sortais bien, même si cela ne payait pas des masses. Un jour de l'année 2005, j'ai couvert un événement animé par Pape Ndiaye «Thiou» (danseur, Ndlr) et à un moment où la fête bottait son plein, j'ai posé la caméra pour faire quelques «Leumbeuls» (roulements endiablés de popotin, Ndir). A la fin de sa prestation, il est venu vers moi pour m'offrir une invitation à une soirée de Salam Diallo. 

Et alors ? 

Alors je suis partie et je me rappelle qu'à l'époque, il y avait des concours de «Couché». Cette fameuse danse à cause de laquelle Ndèye Guèye s'est retrouvée en prison. Je peux vous dire que j'ai maintes fois gagné des sacs de riz ou des bidons d'huile. Quand l'affaire «Goudi Town» s'est déclenchée, j'ai jugé bon de prendre du recul. Mais je continuais toujours à aller aux soirées de Salam où je dansais avec mon propre style. Ce dernier a fini par venir vers moi en me demandant mon nom. Et c'est là qu'il m'a donné le surnom de Dada, en me demandant de revenir danser chaque mardi. 

Vous faisiez déjà des «Leumbeuls» ? 

J'ai toujours fait des «Leumbeuls», c'est mon style et c'est ce que les gens aiment chez moi. Un mec m'a déjà offert 250 000 francs pour ça. 

Salam vous payait-il ? 

Non, mais les contacts que je me faisais en valaient la peine. J'ai commencé à avoir de la reconnaissance et les gens me donnaient de l’argent, en plus de ce que m'offrait déjà Salam. Cette reconnaissance a fait que j'ai dansé pour Assane Ndiave et Mbaye Dièye Faye. Ils m’offraient le billet du transport retour parce que je rentrais toujours à Rufisque après mes prestations. Et même quand je n'avais pas le prix du taxi, j'attendais les bus. 

Vous n'avez, pas eu des problèmes avec votre famille avec cette activité nocturne ? 

Cela a été très difficile au début, surtout avec ma mère. Elle refusait de me laisser entrer quand je revenais au petit matin. Elle me laissait sonner jusqu'à 9h parfois. Et quand je revenais avec de l'argent, elle avait du mal à croire que je ne faisais rien de compromettant. Elle a commence à me faire confiance quand elle a commencé à me voir à la télé dans les clips. 

Cela ne vous a-t-il pas créé une mauvaise réputation dans le quartier ? 

Bien sûr ! Je me rappelle un gars qui voulait m'épouser et qui, à cause des racontars d'une voisine, a fini par y renoncer. Je passais pour être celle qui pervertissait les filles. En plus, comme je n'avais pas de copain et que je conduisais un scooter, les gens me soupçonnaient d'être une gouine. Ma mère a réduit mon engin en pièces détachées le jour où j'ai voulu aller à Kaolack pour me produire. 

N'avez-vous jamais eu de propositions indécentes dans le milieu de la danse ? 

Il y en a à foison. Devant mon refus, un dealer m'a une fois dit : «Si ce n'est toi, ce sera ta collègue !» 

Et de la part des artistes... ? 

Non, jamais ! J'ai entendu dire que les danseuses passaient pour être les petites amies des lutteurs, c'est peut-être pour cela qu'on m'a inventé une histoire avec un promoteur. Mais je peux vous jurer que je n'ai jamais échangé deux mots avec Aziz Ndiaye et que je ne suis jamais sortie avec un lutteur. Ce n'est pas mon genre, je n'aime pas les mecs baraqués. 

Pourquoi vous et pas une autre ? 

C'est Mbathio qui a été incriminée en premier. Et pour se défendre, elle a pointé du doigt «une danseuse qui se trouvait à l'extérieur». Coïncidence, j'étais à ce moment là à un festival en Suisse. C'est là-bas que j'ai vu toutes les rumeurs qui circulaient sur moi sur Internet. J'ai eu très mal, j'ai toujours tout fait pour ne pas me retrouver dans des histoires salaces. D'autant plus que les danseuses passent pour être des mauvaises épouses. Je n'en vois aucune, à part Ndiolé, qui a réussi à garder son époux deux ou trois mois. Ni Oumou Sow, ni Mame Bassine (Thiam) ni même Kadia, qui n'est restée mariée que 16 jours, ne l’ont réussi... 

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On a cru comprendre dans vos propos que c'est à cause de Mbathio si l'on vous a attribué cette grossesse ? 

Ce n'est pas grave, je l'ai appris il y a à peine une semaine mais je n'en fais pas tout un plat. Je n'ai pas l'intention de durer dans le métier, alors je tiens à rester en de bons termes avec tout le monde, même si au début ce n'était pas évident. 

Vous faites allusion à votre brouille avec Ndèye Guèye et Aida Dada ? 

C'était en fait avec Aida Dada et c'est parce qu'elle avait une peur bleue de Ndèye Guèye, ce qui l'amenait à se brouiller avec quiconque osait s'en prendre à elle. Elle m'a pris à partie lors d'une soirée de Salam pour m'accuser de me faire de la publicité sur son dos avec mon «Dada». Mais c'est du passé tout ça, nous sommes revenues à de meilleurs sentiments. 

Pour en revenir à l'histoire de votre prétendue grossesse, quand vos amis vous ont mise au courant, quelle a été votre réaction ? 

Je suis rentrée directement sur Dakar, car il se disait que je portais une grossesse de trois mois et que mon amant m'avait envoyé de l'argent pour que je me fasse avorter. Je dois repartir au mois d'avril. Et cette histoire m'a causé un préjudice énorme car, le festival continue et on a dû procéder à mon remplacement pour les 3 mois que j'ai dû m'absenter pour venir tirer les choses au clair à Dakar. J'étais dans l'obligation de rentrer car, je n'avais plus la sérénité requise pour faire mes prestations. J'ai terriblement souffert à cause de cette histoire. J'étais blessée dans ma chair, je n'ai jamais voulu que mon nom soit traîné dans la boue et sur Internet pour des histoires de coucheriez. Il suffit de taper mon pseudonyme Dada Pathial pour lire tous les articles y ayant trait sur le web. 

Justement, d'où vous vient le «pathial» ? 

J'avais l'habitude d'orner l'arrière de mes sarouels en ganila avec l'inscription «Dada Patiakh» inscrits en fils dorés. Le public a dû mal lire et penser que c'était écrit «Dada Pathial», c'est de là qu'est né ce surnom. 

Pourquoi aimez-vous vous habiller sexy lors de vos prestations ? 

J'aime porter des sous-fesses mais un sous-fesses n'est jamais sexy, car je mets toujours des bas en dessous. Les bas ont été créés pour être portés, donc ce n'est pas grave. 

Quelle est la réaction de vos parents en vous voyant vêtue de la sorte ? 

Ce sont des tenues pour les boîtes de nuit et les personnes âgées ne fréquentent pas les boîtes. Mes parents ne me voient jamais habillée de la sorte. J'ai des pagnes que je mets toujours en dessus de mes tenues avant de sortir. Même quand il arrive qu'ils tombent sur des images où je porte des tenues sexy, je mets tout sur le dos des journalistes ou des photographes, en leur disant que ce sont des photos truquées, par exemple. Mes parents me vouent un grand respect. Je suis jeune et je m'habille selon la mode du moment. En tout cas, je ne suis jamais sortie dans la rue en pleine journée avec des bas en résilles ou perforés. Je m'habille souvent en jean. Mon nombril quant à lui doit impérativement être vu, car je ne vais pas y faire un piercing pour le cacher. Le leumbeul est ma spécialité et quand je le danse, je suis obligée de mettre un bas en dessous. On ne me voit en tenues sexy que dans les boîtes car le taxi qui me dépose en boite et me ramène à la maison, me prend toujours à la porte. 

Le leumbeul peut se danser avec un pagne quand même ! 

Je mets toujours un pagne, mais je l'attache sur mes flancs. Le bas est en dessous. 

Et vos strings que vous exposez tout le temps au regard des gens ? 

Cela ne me dérange pas que mon string apparaisse car je danse le leumbeul et je ne peux y échapper. 

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En arborant ces tenues sexy, pensez-vous à votre avenir et à votre future progéniture ? 

Mes enfants ? Ils ne verront jamais cela

Vos propos sont d'une légèreté et d'une candeur déconcertantes... 

Mais non ! On est jeune et il faut bien que jeunesse se passe. Et puis, je vais bientôt arrêter la danse. 

Depuis le temps que vous annoncez votre retraite... 

Non, les journalistes ont travesti mes propos et puis, cette déclaration ne date pas de longtemps. 

Votre mariage était même annoncé..

Oui, mais c'est tombé à l'eau. 

Votre prétendant a rompu parce qu'il a eu vent des rumeurs sur votre grossesse et votre liaison avec un promoteur ? 

Non, il n'a pas fui. Je ne suis certes pas une beauté, mais les demandes en mariage croulent à mes pieds. 

Comment vos parents ont-ils réagi quand ils ont été informés de votre prétendue grossesse ? 

Cela ne leur a pas plu, mais ils ont tout pris avec philosophie et ont mis cela sur le compte de la rumeur. Mais le chien aboie et la caravane passe. Ce qui a amplifié cette histoire, c'est aussi le fait que je n'aie réalisé aucune prestation durant la Tabaski car je souffrais de douleurs aux côtes et il m'était impossible de faire des mouvements brusques. Et hop, c'était parti. Les commentaires ont enflé de plus belle. Lors de ma première apparition sur scène après ma longue absence, les photographes se sont rués sur moi. J'étais carrément harcelée par les flashs, mais je me suis prêtée à leur jeu. 

Votre longue absence ne confirmait-elle pas les rumeurs sur votre avortement en Suisse ? 

Avortement ? Si j'avais avorté, j'en aurais gardé les séquelles. Je ne suis pas idiote pour tomber enceinte bêtement. Qui est fou ? Et pourquoi fuirais je ? A notre époque, toute femme qui tombe enceinte le fait à dessein.

Votre corps est parsemé de piercings, est ce un choix ? 

C'est juste un feeling. J'en ai 6 mais ils vont disparaître d'un jour à l'autre. 

Tantôt, vous disiez que Salam Diallo, Assane Ndiaye sont vos «papas». Quels genres de relations entretenez-vous avec eux ? 

Ce sont mes «papas». Assane Ndiaye, Mapenda Seck, Salam Diallo etc., ce sont mes amis. Mais je n'entretiens aucune relation particulière avec eux. Je ne suis jamais sortie avec l'un d'eux, non plus. 

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Quel est votre cachet le plus élevé ? 

Je ne me focalise jamais sur les cachets car ce que le public m'offre est plus important. Il peut arriver que je gagne 500 000 FCFA comme cachet lors de mes tournées à l'extérieur. 

Quel est le plus beau cadeau que l'on ait eu à vous offrir dans ce milieu? 

Cela relève de ma vie privée. On ne m'a jamais offert de cadeaux somptueux. 

Que comptez-vous faire après la danse ? 

Je n'ai pas dit que je vais arrêter incessamment la danse. J'attends de terminer la maison de ma mère que je suis en train de construire. Je compte arrêter la danse avant 2013. J'ambitionne de me marier, d'avoir des enfants et de fonder un foyer. Je vais aussi me reconvertir dans le commerce. 

Vous vous refugiez souvent derrière l'argument de votre jeunesse. Ne craignez vous pas d'être dépassée par votre jeunesse ? 

Non, du tout ! Je pense à mon futur. Et la jeune génération est là pour prendre la relève. 

Vous êtes une musulmane pratiquante ? 

Evidemment ! Je ne rate aucune prière. Je porte de faux ongles, une perruque que j'enlève quand je dois prier. 

Pensez-vous au repentir et à l'au-delà ? 

Bien sûr ! La danse, c'est un travail comme un autre. C'est mon gagne-pain. Je ne peux pas passer mon temps à demander de l'argent à mes parents ou à mon copain. Dieu est Clément et Miséricordieux. Il nous pardonne nos péchés. L'essentiel est de ne pas faire de mauvaises actions. Si je faisais tout ce que l'on m'imposait de faire dans le cadre de la danse, je serais millionnaire aujourd'hui. Mais j'ai des principes. Les propositions indécentes ne manquent pas, mais il faut rester digne et garder, la tête haute. 

xibar

123dakar@123dakar.com

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