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Fréquence des divorces à Dakar : un couple sur trois se sépare avant la cinquième année de mariage

 

Un couple sur 3 se sépare dans les premières années du mariage à Dakar. C'est l'une des révélations de la conférence organisée par l'Institut de recherche pour le développement (Ird), et animée par la sociologue Fatou Binetou Dial qui faisait une communication sur sa thèse portant sur « Mariage et divorce à Dakar, itinéraires féminins ». 


Selon ce travail, le Sénégal est passé du statut de mariage précoce au statut de mariage tardif. Les jeunes sénégalais sont les derniers à se marier en Afrique de l'Ouest. L'étude révèle aussi la précocité des divorces à Dakar. De nos jours, les divorces interviennent très tôt, dans les 5 premières années », soutient la chargée de cours à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, Fatou Binetou Dial. Le taux de divorce est de 4%.

Selon elle, les femmes pauvres divorcées sont les premières à se remarier. Tandis que chez les femmes de la classe aisée, le remariage est le cadet des soucis. La réussite scolaire de leurs enfants est leur préoccupation première. « Les femmes aisées ont des moyens qui leur permettent de vivre. Elles se fixent d'autres priorités après le divorce, c'est le cas de la réussite scolaire de leurs enfants », renseigne la sociologue. La fréquence des remariages chez les femmes « pauvres » s'expliquent, entre autres, par leur souci de vivre en toute liberté leur vie sexuelle, de se valoriser sur le plan social, et de se trouver dans un cadre plus sécurisant. « Le remariage, chez elles, est le moyen de continuer leur vie sexuelle après le divorce. Cela est l'une des causes du remariage », explique Fatou Binetou Dial.

L'étude fait aussi la radioscopie des causes de la fréquence des désunions à Dakar. Le défaut d'entretien matériel est la première source de séparation des conjoints. Ce constat est révélateur du pouvoir économique au sein d'un couple. « Le défaut d'entretien matériel est la première cause de divorce. Les femmes parlent souvent de cela », indique la conférencière. Les problèmes avec la belle famille, l'absence de cohabitation en couple, l'arrivée d'une nouvelle épouse, l'incompatibilité d'humeur, le maraboutage et les problèmes de castes sont les facteurs responsables de la séparation des conjoints. A cela, il faudrait ajouter l'impuissance sexuelle des hommes même si l'enquête ne l'a pas révélée. L'impuissance sexuelle peut-être une des causes de divorce. Mais, ce n'est pas facile de faire parler les femmes sur cette question. C'est un fait que les gens relatent de plus en plus dans la séparation d'un couple », reconnaît la sociologue. L'étude révèle également des contradictions : les femmes divorcées ne considèrent pas le divorce comme l'expression de l'émancipation. La séparation n'est pas vécue comme une liberté. De plus, fait remarquer la sociologue, les hommes aiment de plus en plus des femmes modèles et modernes et veulent que ces dernières soient soumises.

Le mariage est un acte individuel. Toutefois, il ne se conçoit pas en dehors des familles de l'époux ou de l'épouse au Sénégal, et surtout chez les musulmans.  L'immixtion des parents dans la vie de couple n'est pas sans conséquence sur les relations entre les deux conjoints. Les parents, avance la sociologue, sont mis en cause dans l'éclatement des couples. « Ce qui est clair, on ne peut pas concevoir le mariage en dehors des deux familles. 

Source : Le Soleil

123dakar@123dakar.com

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